Sur la route des plantations… la Laura Plantation

Lors de notre trip en Louisiane en Avril 2017, impossible pour nous de passer à côté de l’histoire de la Louisiane et de l’esclavage. Découverte de la Laura Plantation, une étape à ne manquer sur la route des plantations !

La visite

Il faut compter 2h de visite pour cette Plantation Créole typique. Pour faire la visite en français, 3 possibilités de départ 11h,13h et 15h.

Dans la boutique, vous pourrez ainsi acheter vos tickets. Ils vous en coûtera 20 $ par adulte et 6$ par enfant.

Notre guide “Julia” était formidable, d’une extrême gentillesse, elle nous a conté l’histoire de la famille Duparc avec un témoignage riche et émouvant.

Nous quittons la boutique pour se rendre en face de la maison Créole . Notre guide nous laissant prendre des photos de celle-ci. Elle en profitera pour nous expliquer à qui appartient désormais la Plantation…

L'histoire de la plantation

C’est l’une des dernières plantations créoles de Louisiane. Posée au bord du Mississippi, au milieu des champs de canne à sucre, elle est considérée comme l’un des témoignages les plus fidèles de l’histoire de la Louisiane depuis deux siècles. En 1984, soit 180 ans après sa fondation, la plantation de canne à sucre est abandonnée. La propriété n’aura appartenu qu’à deux familles créoles et le français aura toujours été la langue parlée ici. Pendant 9 années, le site ne trouve pas d’acheteur et tombe en ruine petit à petit. Il est racheté en 1993 par 30 personnes qui, l’année suivante, l’ouvre au public afin de collecter les fonds nécessaires à sa restauration. 

Cette visite, très émouvante, est la seule encore debout ayant appartenu à des Français. Toutes les autres sont de style antebellum, anglo-saxon. Les Français construisaient plus en style Caraïbe car ils venaient pour la plupart des Antilles. Les Anglo-saxons n’eurent ensuite de cesse que de morceler les plantations créoles pour les redistribuer à des Américains… Laura est une rescapée.

Que signifie Créole en Louisiane ?

Le terme créole veut dire différentes choses pour différents peuples à différents endroits et à différents moments de l’histoire. Ici en Louisiane, lorsqu’on dit ”créole”, on parle de la culture non-anglo qui florissait ici avant que la Louisiane n’appartienne aux Etats-Unis, rien à voir avec l’idée qu’on se faisait du Créole.

Pour être Créole il fallait avoir 3 critères : la naissance en Louisiane, la langue française (ou créole) et la pratique de la foi catholique. Les Créoles étaient blancs, noirs ou entre les deux.

La famille Duparc

Nous commencerons notre visite par le sous-sol autrefois utilisé pour stocker des marchandises. Aujourd’hui, nous nous trouvons devant Mr et Me Duparc, grandeur nature ainsi que les portraits de leurs enfants afin de faire plus ample connaissance.

La maison

Nous découvrons l’histoire des 3 enfants de la famille en parcourant les pièces..quelques photos ci-dessous.


 Qui sont-ils ?

En 1804, Guillaume Duparc, un vétéran de la marine française venue à l’aide des Américains dans la Guerre d’indépendance, prit possession de la propriété. Il meurt peu après la fondation de cette plantation de canne à sucre. Ensuite, l’entreprise familiale sera dirigée par Nanette, sa femme, redoutable femme d’affaires, et 4 générations successives de femmes, jusqu’à ce que l’arrière petite-fille de Duparc, Laura Locoul, la vend en 1891 à la famille de Florian Waguespack, des Créoles francophones d’origine alsacienne.

Quatre générations de la famille de Laura ont travaillé dans cette plantation de canne à sucre. 

La Plantation

À l’origine, cette ferme de canne à sucre fut appellée l’Habitation Duparc. Plus tard, elle fut renommée la Laura Plantation. À son apogée, le domaine comprenait à peu près 5.000 hectares. En 1804, Guillaume Duparc, un vétéran de la marine française, venu à l’aide des Américains dans la Guerre d’indépendance, acheta la propriété.

La construction de la maison principale débuta en 1804 et prit fin 11 mois plus tard. Ce travail fut exécuté par des esclaves très spécialisés, probablement d’origine sénégalaise. Cette méthode de préfabrication est typique de la construction vernaculaire en Louisiane coloniale. La maison est surélevée, reposant sur une fondation de pilotis et murs en briques. La base cette fondation en forme de pyramide se trouve à 2,5 mètres en dessous à la surface. La structure intérieure des murs de la maison ressemble au colombage européen : poteaux de bois de cyprès entre lesquels sont posées des briques. Les murs sont plâtrés à l’intérieur et recouverts de parements de cyprès à l’extérieur. La construction originale donna une maison en forme de U avec deux ailes en arrière. Les cuisines se situèrent dans un bâtiment bien éloigné de la maison principale. À la mort de Guillaume Duparc en 1808, l’habitation comptait 10 grands bâtiments dont des logements pour 17 esclaves, une grange, des entrepôts et hangars, et une petite sucrerie.

Le Mississippi coule au nord de la maison principale. Un quai en bois permettait aux bateaux de toutes sortes de s’amarrer. Sur les rives du fleuve se trouvait une digue de 1,5m de hauteur qui protégeait l’habitation des inondations printanières. Un chemin primitif suivait la levée et une haute palissade séparait la plantation des passants. À l’intérieur des clôtures 2 vergers furent plantés pour former une allée qui donnait une vue sur la maison, mais plus important, servait à diriger les brises du fleuve directement dans la maison.

la cloche qui régissait la vie des esclaves dans les champs

Entourée d’une palissade, la maison fonctionnait non seulement comme le siège social de l’entreprise, elle accueillait aussi toutes sortes de déjeuners dîners, bals et soirées.

Derrière la maison, un chemin perpendiculaire au fleuve menait vers le sud. Ici, les cases d’esclaves étaient alignées les unes après les autres des deux côtés du chemin sur une distance de 5 km. Cet espace fut appellé “le derrière.” C’est ici où habitaient les esclaves, loin de la zone près du fleuve, qui fut appellée “le devant.” Chaque baraque abritait deux familles qui se partageaient l’entretien d’un poulailler, d’une porcherie et d’un petit potager.

Qui est Laura ?

Née pendant la guerre de Sécession, Laura est la petite fille de Guillaume Duparc, une humaniste et vit l’abolition de l’esclavage en 1865. Elle meurt juste avant le passage des Civil right et Voting right acts en 1964-1965. Mais Laura Locoul n’était pas qu’une dame qui a vécu près de 102 ans : c’était également une jeune femme moderne, qui, après une éducation créole, s’est peu à peu fondue dans le moule américain au grand désespoir de ses parents. Dans les années 30, les filles de Laura viennent la trouver, un exemplaire d’Autant en emporte le vent à la main, et lui demandent si vivre dans les plantations était vraiment comme le montre Margaret Mitchell. En réponse, Laura Locoul rédige ses mémoires.

On y apprend que Laura, alors âgée de 8 ans, jouait près du puit, derrière la maison, quand un esclave s’est approché d’elle. Il présentait des marques de brûlures sur les 2 joues. Laura l’a interrogé sur les circonstances d’apparition de ces marques. Il lui a alors expliqué qu’après avoir voulu échapper à plusieurs reprises à la plantation pour récupérer sa liberté, sa grand-mère, l’avait fait marqué au fer sur les 2 joues comme un vulgaire animal.. Laura, de son plus âge, a été choquée d’apprendre que sa grand mère a été capable de faire endurer de tels actes de cruautés à des êtres humains.. et n’a eu de cesse de vouloir vendre la propriété malgré le fait qu’elle ai dirigé la plantation durant 2 années. Finalement, Laura vendra la Plantation pour 20000 dollars …à la famille Waguespack.

L'esclavage

Comment  aborder un passé aussi lourd que l’esclavage lors d’une visite de Plantation ? Eh bien, pour ma part, chez Laura, la mission est réussie car on découvre au fil du récit ce qu’enduraient ces esclaves dès lors où ils étaient prisonniers dans leur village, puis le rapatriement en Louisiane dans des conditions épouvantables en bateau où beaucoup ont perdu la vie et pour finir la vente au domaine. On découvre comment ils étaient vendus, sachant qu’une fois achetés, ils portaient le nom de la famille. Nous découvrons alors un registre sur lequel la propriétaire dresse le portrait et le prix de ces hommes, femmes et enfants …

Sur les 69 “cabanes” dont disposait le domaine seulement 6 sont conservées, les autres ayant été détruites.

La maison où Nanette finira sa vie...

Nanette fut construire, à côté de la maison principale, cette demeure où elle finira ses jours entourée de 2 esclaves. Malheureusement, l’ouragan “katrina” a sérieusement endommagé celle-ci.. nous passerons juste devant pour rejoindre la sortie.

Cet endroit est un important témoignage du passé des Etats-Unis et de la culture créole, un endroit à préserver!!

1 comment
  1. Merci pour le post! Ces maisons me font vraiment penser aux films hollywood. Ça fait rever de visiter une fois!

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