Au pays des Vikings, l’Islande en hiver

L’Islande, terre de glace et de feu… cette destination nous fait de l’oeil depuis quelques temps déjà. Rien à voir avec nos désirs de voyage aux USA..qu’à cela ne tienne, le voyage c’est aussi partir à la découverte de nouveaux paysages, d’une nouvelle culture, de nouvelles rencontres,… il n’en fallait pas moins, une belle promo sur les billets nous a définitivement convaincu!

Go to Iceland!

Quand on commence à farfouiller sur le net en recherche de conseils pour se rendre en totale autonomie dans un pays nordique en hiver, cela s’avère compliqué. Un réel travail d’organisation et de préparation est nécessaire surtout que nous voyageons avec notre fils de 11 ans.

Certains sites sont de bons conseils et décrivent des parcours types qui peuvent servir de bases pour un premier voyage. 

Notre road trip durera 6 jours et restera l’un de nos plus beaux voyages (et oui, en dehors des USA bien sûr!)

Voici notre itinéraire 

Jour 1: Bruxelles-Reykjavik

Grâce au Black Friday, nous avons bénéficié de prix très avantageux par la compagnie Low Cost “Wow Air”. Nous partons de Bruxelles à 11h30 pour un vol d’une durée de 3h en direction de Reykjavik

La meilleure partie du voyage commence, l’excitation de l’arrivée lorsque nous apercevons les côtes de la Péninsule de Reykjanes et les terres enneigées.. il est 14h30.

Ca y est! Nous voilà sur le sol Islandais, le vent du Nord nous accueille.. celui-ci n’est pas une légende et il nous accompagnera durant tout le séjour! 

L’aéroport de Reykjavik est à taille humaine, pas de douane à l’arrivée, direction AVIS-Budget pour récupérer notre véhicule de location. Après avoir lu plusieurs commentaires sur l’état des routes dans ce pas, j’ai préféré jouer la carte de la sécurité et nous avons loué un 4×4 malgré le fait que nous restions sur la route 1.  Clés récupérés, nous partons avec notre 4X4 Jimny sur les routes …et là nous comprenons très rapidement que pour notre confort et sécurité, ce véhicule ne nous conviendra pas pour le voyage! Le vent souffle fort et notre Suzuki Jimny ne tient pas sur la route! Après quelques km, demi-tour pour un échange de 4X4. Nous repartons à bord d’un Dacia beaucoup plus fiable!

Nous prenons la route pour l’appartement que j’ai réservé via Booking à l’est de Reykjavik. Je recommande ces appartements récents et moderne, une bonne literie et un accès très facile à Reykjavik.

Les 40 mn de route qui nous mènent vers le quartier d’Hvörf nous laissent sans voix. Nous parcourons des champs de lave à perte de vue. Dépaysement total assuré.

Juste le temps de récupérer notre appartement, départ pour le centre de Reykjavik avant la tombée de la nuit.

Rendez vous en premier lieu à la emblématique église luthérienne La Hallgrímskirkja et de monter en haut pour prendre de la hauteur sur la ville. 

La vue en haut de l’église Hallgrímskirkja coûte 8 euros par personne, un spot à voir.

Petite pose photo avant de se rendre au Sun Voyageur, sur le bord de l’ancien port de la ville, réalisée en 1990.

Nous nous baladerons ensuite en centre ville pour terminer notre journée dans un restaurant très chaleureux.

Jour 2 La péninsule de Reykjanes

 

Début de journée en terre islandaise….

Il faut quitter notre lit douillet pour partir à la découverte se la péninsule de Reykjanes au sud ouest de l’Islande. Il nous faut reprendre la Route vers l’aéroport pour récupérer la 42 sud et rejoindre le site géothermique de Seltun. Nous roulons en nombre quand la route devient de moins en moins praticable. Certains abandonne et font demi tour cependant avec un 4×4 pneus cloutés, nous tentons de continuer quitte à faire marche arrière. Nous ne serons pas déçus tellement le décor est somptueux, des champs de laves enneigés, montagnes, lacs gelés,…

Seltún-Krýsuvík 

Après avoir parcouru une trentaine de kms, nous voilà sur le site géothermique de Seltún.

La zone géothermique de Seltún, située dans la région de Krýsuvík est au cœur de la faille qui sépare les plaques nord-américaine et eurasienne.

C’est une zone instable, celle-ci a été soufflée par une explosion de vapeur en 2000, détruisant toutes les installations touristiques.  Le lieu est chargé d’une odeur de souffre omniprésente. Un chemin de caillebotis de bois permet d’effectuer rapidement le tour de la zone aménagée. On y découvre des solfatares, des boues bouillonnantes ( à 200°!) et des poussières de toutes les couleurs. Le décor, entouré de neige, est magnifique. L’accès y est gratuit.

Grindavík

Direction Grindavík une heure de route, pour découvrir ce petit port de pêche, désertique à l’heure du repas! Il est temps pour nous de se poser au chaud, nous mangerons de bons fish and chips au Pappa’s pizza du coin.

Gunnuhver Hot Springs

A seulement 20 mn de route de Grindavík un second site géothermique où cette source chaude impressionnante dégage une vapeur constante. On observe une colonne de vapeur d’eau qui jaillit du sol. L’odeur de soufre est également bien présente.

Des panneaux indiquent d’ailleurs de rester sur la plate forme en caillebotis car la température du sol peut atteindre la centaine de degrés! Le parking se situe juste à côté de cette source chaude. Un chemin piéton permet d’aller au bord pour observer le phénomène de plus près. Il permet également d’aller un peu plus loin afin de l’observer d’autres points de vue. L’accès y est gratuit aussi.

Pont entre les continents

Il semble probablement impossible de marcher de l’Europe vers l’Amérique du Nord en quelques secondes, mais l’ Islande est un endroit unique où des exploits inimaginables sont réels. Midlina, également connu sous le nom de «Leif the Lucky Bridge», est une passerelle de 15 mètres dans la péninsule de Reykjanes qui couvre une faille géante entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine.

Sur la passerelle, à mi-chemin du pont, une plaque intitulée «Midlina, sur les pas des dieux» sert de frontière entre la plaque eurasienne et les plaques nord-américaines. Les deux côtés sont marqués: “Bienvenue en Amérique” et “Bienvenue en Europe”. 

Nous continuerons notre boucle vers Hafnir, SandgerðiGardur avant de rejoindre la civilisation et enfin notre appartement pour la soirée. Une belle journée ensoleillée nous a permis de découvrir cette péninsule ce qui ne sera pas le cas sur le reste du séjour!

JOUR 3 

Le cercle d'Or 

 

Parc national de Þingvellir

Mauvaise nouvelle pour nous au réveil, tempête de neige, alerte orange pour ce début de matinée dans le sud de l’Islande. Nous sommes coincés dans la capitale toute la matinée et nous pourrons emprunter les routes qui mènent au parc vers 13h seulement. Le parc est en accès gratuit.

Le parc national de Thingvellir témoigne de la beauté mais aussi de l’histoire de l’Islande. Situé à 45 km au nord-est de Reykjavik, où se tint, il y a plus de mille ans, les premières réunions de l’Althing (le plus vieux parlement du monde). Les paysages traversés pour y accéder sont magiques.

Il s’agit du seul site islandais inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site est important puisque c’est ici que la déclaration d’indépendance du pays a été signée en 1944. On y découvre un drapeau Islandais hissé à l’endroit où l’indépendance a été proclamée. Thingvellir signifie d’ailleurs les “Plaines du Parlement”. On y découvre des falaises, la faille de Silfra, des cascades et des chemins de randonnées en nombre!

Geysir

Geysir est très certainement le site naturel le plus connu d’Islande.

Un sentier de terre nous fait marcher le long de ses geysers, de sources d’eau chaude et de fumerolles.

C’est bien sûr un geyser qui a donné son nom au site, le plus gros, mais qui ne rentre en éruption seulement 3 à 4 fois par jour. Le geyser de Strokkur, lui, entre en éruption toutes les 10 minutes à peu près. Le moment de l’éruption est vraiment superbe car on est vraiment très près du cratère, ce qui donne la sensation qu’on va se prendre une douche. Mais on observe, l’instant ( superbe mais très rapide) où la pression sur le bassin d’eau qui recouvre le geyser lui donne une forme de bulle avant d’exploser. 

Gulfoss ou chutes d'or

La chute d’eau de Gulfoss est la plus visitée d’Islande. seulement 10 mn de route du site Geysir, ce site doté d’un visitor center et de sentiers nous menant à plusieurs points de vue. Le débit est très important et le décor est superbe. La chute d’or est constituée d’une succession de deux chutes d’eau de 11 et 21 mètres!

Notre journée se termine par ce décor fabuleux et nous prenons la 35 sud pour rejoindre Selfoss où nous logeons au “Guesthus Selfoss”, petits chalets proche de la ville. Confort simple, petit plus dispose de 2 spas pour se détendre après une journée au froid.

 

JOUR 4 

Village en tourbes, cascades et plage de sable noir

 

La ferme de Keldur

 

Lorsqu’on arrive à Keldur, par un chemin de terre,  on observe tout d’abord une petite structure d’herbe : c’est une maison de moulin, qui fonctionne par énergie hydroélectrique. Egalement, des anciennes maisons d’agneau (lambhús).

 

La ferme historique de Keldur préserve de rares maisons d’herbe dans le sud de l’Islande. On y trouve les plus anciens bâtiments de ce type en Islande. Les maisons d’herbe ont été reconstruites plusieurs fois. Les maisons actuelles ont été reconstruites après de grands tremblements de terre qui ont secoué les maisons en 1896 et 1912. 

L’endroit est fermé en hiver mais les maison se visitent en été. Un parking gratuit se trouve à l’entrée du village.

Les chutes d'eau: Seljalandsfoss & Skogafoss

Ces chutes d’eau ont un point commun, leur accès très facile depuis la route 1. Un parking payant peut accueillir nombres de visiteurs. Elles sont situées à quelques km l’une de l’autre.

Seljalandsfoss

Cette cascade est plus haute que Skogafoss de seulement quelques mètres mais elle est plus fine, ce qui lui donne un aspect moins massif. Elle se situe sur la rivière Seljalands. Ce qui en fait sa particularité, c’est que l’on peut se rendre derrière, sauf quand l’accès est enneigé comme se fut le cas pour nous! Dommage…

Skogafoss

Cette cascade se situe sur la rivière « Skoga », d’où son nom. Elle chute d’une hauteur de plus de 60 mètres, mais c’est sa largeur de 25 mètres qui lui donne surtout son aspect massif et impressionnant. Un escalier sans fin permet de monter jusqu’en haut de la cascade et offre un point de vue saisissant autant sur la cascade que sur la plaine. Pour la pose photo au bas de la chute c’est la douche assurée!

Dyrhólaey

Nous empruntons une route en lacets pour monter sur le site des falaises de Dyrhólaey près de Vik. Tout en haut, le vent est vraiment très puissant et nous avons même des difficultés à rester debout. On y découvre une vue magnifique sur les plages de sable noir, son arche, ses falaises et le phare.


La plage de Vik, Reynisfajara

L’océan est déchaîné, les vagues s’écrasent contre les rochers en envoyant des gerbes d’eau dans les airs. Le sable noir où scintillent les galets noirs est ravissant.

Plus loin, on s’avance vers les piliers géants du Reynisdrangar. La légende locale raconte qu’il s’agirait de trolls pétrifiés par la clarté de l’aube pour les punir d’être sortis de leur caverne au crépuscule pour tenter d’échouer un bateau trois mats sur le rivage. L’arrêt sur ce site est vraiment indispensable, c’est de toute beauté.

JOUR 5 

Skastafell et la lagune glacière Jökulsárlón

 

Une grosse journée de route nous attend aujourd’hui. Même si il est conseillé de ne pas prévoir de gros itinéraire pour les étapes en hiver, on souhaitait tout de même se rendre à la lagune glacière de Jökulsárlón.

Pas moins de 5h de route dans la journée sous une météo catastrophique, pluie, vent…bref la tempête! Nous quittons notre guesthouse près de Skogafoss pour reprendre la route 1 vers l’est. Nous traversons Vik, petite ville avec peu de charme, une église au toit rouge, quelques habitations ( 300 habitants), une station service et une superette. Un bon spot pour un arrêt hôtel et ravitaillement. 

Entre Vik et Kirkjubaejarklaustur, plusieurs points de vue permettent d’apercevoir le Myrdalsjökull. Dans le Myrdalssandur, d’immenses étendues de laves recouvertes de lichens et de mousse bordent la route 1, paysages magnifiques.

Près de l’entrée du parc national de Skaftafell, nous décidons de pousser notre route jusqu’à la lagune et de s’arrêter au parc lors de retour. Nous déjeunons dans un restaurant proche du parc. Malheureusement, la pluie ne se calme pas et c’est sous un abat d’eau impressionnant que nous découvrons la lagune. Un lieu magnifique où ses eaux bleues sont parsemées d’icebergs provenant du glacier Breiðamerkurjökull s’écoulant par un petit chenal vers l’océan Atlantique, abandonnant au passage des morceaux de glace sur une plage de sable noir. En hiver, la lagune poissonneuse accueille des centaines de phoques. 

C’est complètement trempé que nous retournons sur nos pas pour se rendre à Skaftafell.

Le parc national de Skaftafell

Le parc national de Skaftafell est immense.  Une multitudes de randonnées sont réalisables et celui-ci est cerné par les langues glaciaires du Morsarsjokull et du Skaftafellsjokull. Il y a un centre d’information et une cafétéria à l’entrée du parc.

Malgré le vent et la pluie, seul l’homme de la famille s’est rendu au pied du Skaftafellsjökull. Le sentier de 1,8km fait de gravier m’a amené tout droit vers Skaftafellsjökull. Voir ce glacier de près, c’était majestueux. On peut marcher jusqu’au pied du glacier et ainsi le voir dans toute sa splendeur. Quasi seul au beau milieu de nulle part à contempler une merveille de la nature. Une  étrange sensation de froid nous saisi sur place, une expérience à ne pas manquer.

Départ pour notre hôtel à 45 mn de route sur la route 1, Horgsland Cottages, que je recommande. 

Jour 6

 Horgsland Keflavik

C’est avec regret que nous faisons la route retour vers Keflavik pour se rapprocher de l’aéroport. Une journée de 4h de route nous attend mais traverser ces magnifiques paysages est fascinant. La pluie ayant fait fondre la neige, nous découvrons la verdure sur le bord de la route. 

Douglas DC 3, à la découverte de l'épave de l'avion abandonné

Sur notre retour, nous décidons de partir à la découverte de la fameuse carcasse du Douglas DC3, avion de l’armée américaine, écrasé là depuis 1973. Ils sont simplement tombés en panne de carburant et ont fait un atterrissage d’urgence sur cette immense plage désertique. Aucun décès n’est à déplorer. Ce qui est étonnant, c’est que la carcasse n’a jamais été enlevée.

Le site n’est pas indiqué sur les cartes ni par panneaux, seul un petit parking se trouve près d’un sentier borné.  L’accès se situe entre la cascade de Skogafoss et Seljalandsfoss.

Une route sans fin (près de 8km aller/retour), avec pour horizon un chemin de sable noir, large et toujours tout droit. La marche est interminable. Enfin au bout de 3/4 d’heure, on découvre la silhouette de la carcasse posée là au milieu de rien. L’avion n’a plus d’ailes ni de queue. A l’intérieur de la carlingue, il n’y a plus rien. Le cockpit est éclaté et on peut encore voir des centaines de câbles arrachés. En arrière-plan, l’océan, quelques centaines de mètres plus loin. Un vrai décor de film post-apocalyptique.

Keflavik-Blue Lagoon
Après une pause repas dans un restaurant près des chutes de Skogafoss, il est temps de rejoindre notre guesthouse de Keflavik, Bergas Guesthouse, que je recommande!
La dernière activité pour nous de notre voyage, l’expérience Blue Lagoon. Très touristique certes, mais
incontournable surtout avec un enfant. Le créneau réservé des semaines à l’avance sur internet, nous voilà à 18 h tapante à l’entrée du site.
Par contre, il est désormais indispensable de réserver le jour et l’heure à laquelle vous voulez venir vous détendre dans ce lagon naturel. La réservation se fait  sur le site internet du lagon et vous pouvez choisir la formule qui vous intéresse avec des prix qui peuvent  augmente en fonction des formules.
 
Un lieu très touristique bien entendu car très proche de la capitale, de l’aéroport et facilement accessible. Nous découvrons un paysage lunaire avec des champs de lave séchée recouvert de végétation.
Dès l’entrée, on vous équipe  d’un bracelet électronique, il sert de clé pour les vestiaires et également de monnaie durant la journée.  Passage obligatoire dans les vestiaires et les douches pour se laver entièrement avant de se rendre dans le lagon.
 
Vous pouvez rentrer dans l’eau soit par l’entrée située à l’intérieur du bar soit par l’extérieur.
Un vent et froid glacier nous pousse à nous jeter dans l’eau turquoise chauffée à 38 degrés qui a l’aspect du lait. Ca y est nous voilà dans ce lieu atypique. Les eaux sont riches en sels minéraux, silicates et algues bleu-vert. C’est donc les algues qui donnent cette couleur si particulière à l’eau. Les « piscines » sont vraiment grandes et elles disposent de plusieurs espaces plus ou moins chaud en fonction de là où vous êtes. Il y a également un bar et des crèmes payantes.
 
Le seul bémol est le prix. Clairement 62€ par personne, c’est cher !!  Malgré tout, je ne regrette pas d’avoir réalisé cette expérience et je recommencerai certainement lors de mon prochain voyage et on vous recommande le Blue Lagon. C’est un incontournable !

Nous quittons Reykjavik à 6 h du matin le lendemain, après un séjour formidable, c’est certain on reviendra en Islande!

 

1 comment
  1. J’adore lire vos articles, toujours pleins de finesse.
    Bravo

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